

La poésie est pour moi un acte de pause,
De position face au monde.
Elle impose à l’imposteur que nous sommes de prendre son temps.
Tel une apostrophe,
Elle suspend le déroulement des secondes le temps de sa prose.
Et m’offre ainsi une bouffée d’air.

Turquoise mouvant _
Dont les reflets d’or éblouissent les passants –
Baignade au petit jour.
Les haïkus sont en quelque sorte l’apogée de cette imposition par la poésie d’une certaine épuration.
D’un retour à l’essentiel,
Qui me permet de l’apprécier l’espace d’un instant.

Sillon dépassé _
Dont on admire l’étendue –
Réconfort éphémère.

Pierre cotonneuse
Sous l’effleurement de nos pas –
Envolée descendante

Parfois, toutefois, ma foi, l’affinage esthète ne suffit pas.

Et je me perds quelque peu dans des pensées abstraites et insolites …

Enfin, la poésie me permet parfois de mettre un baume aux plaies encore ouvertes qui m’habitent _
_ Du moins le temps de son écriture.

… Ou de souligner les moments de joie sincère que j’ai la chance de vivre _
